Le Caro - Galerie d'art

Moulin de Ventabren

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La ruine et le refuge Cézanne, Sainte Victoire

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A l'ombre des arbres, Lourmarin

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Le Caro se place dans la droite ligne de la peinture provençale et il le revendique ; cette région l'inspire. Il représente donc les plus beaux sites : Beaureceuil, Sainte Victoire, le Cap Canaille. Mais nous sommes loin de la peinture clinquante qui n'attire que l'oeil des touristes. L'expression, le style et l'empâtement révèlent toute la présence des grands peintres qui représentent la Provence. La peinture au couteau n'est pas à la portée de tout le monde ; il ne faut pas aller dans la demi mesure. On trouve donc dans les oeuvres de Julien Le Caro la vigueur dans les aplats au couteau qui sont habiles et vigoureux et qui sculptent véritablement la toile.


Le plus difficile dans la peinture provençale depuis Cézanne est de réussir à apporter quelque chose de nouveau. Les peintres qui ont suivi Cézanne, Chabaud, Marcel Arnaud et aujourd'hui Arène sont d'excellents conteurs et décrivent la Provence de Giono, de Marie Mauron. On voit aujourd'hui de jeunes peintres qui se sont complètement affranchis de ce lourd héritage à leur manière ; ils font vivre la Provence avec un regard de cinéaste ; ils regardent le paysage sans être impressionnés, balancent les couleurs en oubliant un peu le travail de leurs illustres prédécesseurs. La lumière, le mouvement demeurent au centre de l'attention du peintre mais avec l'apport d'une respiration plus sophistiquée, la recherche d'un véritable rythme qui intervient de façon plus prégnante dans le tableau. Le Caro ne décrit pas, il fait vivre, il donne vie à son thème avec ce simple schéma en trois plans. Dans le tableau, tout repose sur la confrontation entre ces trois plans qui vont donner de la profondeur. Ce qui préoccupe les peintres en général, c'est-à-dire donner du mouvement par la couleur et la perspective, n'est pas un souci pour Julien Le Caro. Il laisse simplement prendre cette alchimie entre les complémentaires, soit le orange et le bleu, ce qui évoque parfois le travail de Briata. À la différence de celui-ci, il ne schématise pas et délivre les détails au fur et à mesure, plan après plan. On accède donc à l'essentiel avec l'envie d'entrer dans cette toile. Les bastides, les cyprès et les champs de blé ne sont plus figés comme les santons de Provence, mais deviennent des acteurs qui participent activement à la réussite des tableaux.


Marie-Laure Brémond

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